jeudi 17 août 2017

La vengeance du sixton

Comme il se doit, la veille de ma rentrée n'a été qu'une longue attente, la gorge nouée. Toujours ce même stress de bon élève qui me pèse parce qu'il est inutile : pas de nouveaux camarades à renconter, pas de prof que je veux à tout prix éviter, pas de crainte quant à mon futur emploi du temps.

Toute cette tension tombe évidemment très vite hier, une fois le clé glissée la dans la serrure. Ma journée débute par de la gestion que je m'emploie à évacuer pour plonger avec délectation les mains dans le cambouis. J'entame quelques menus travaux en guise de mise en bouche. Les premier-e-s client-e-s se succèdent. C'est la rentrée : beaucoup de crevaisons à réparer. Ce n'est pas la partie la plus glorieuse (d'ailleurs il y a-t-il une quelconque gloire à tirer de ce travail ? J'en doute.) de l'ouvrage mais je m'y plie de bonne guerre. Sur un vélo, dont je viens de changer le pneu arrière, j'essaie de remettre à la bonne pression son homologue avant. Rien n'y fait, la valve semble avoir un problème et fait barrière à ma volonté. Je démonte la roue et essaie de démonter la chambre à air. Le peu de pression présente dans l'ensemble m'empêche de glisser un démonte-pneu. Aux grands maux les grands remèdes, je vais péter la valve récalcitrante pour défaire le tout. Un jeu d'enfant. Je la travaille comme un troisième torture un sixième à son entrée au collège.

J'aurai dû me souvenir quand, alors que j'étais moi-même collégien, un "grand" s'en était pris à un "sixton", espérant s'attirer quelques gloussements complaisants de la part d'une camarade dont il convoitait les charmes naissants. Humilier à bon compte un avorton est une méthode aisée et naturelle pour affirmer sa virilité. Hélas, l'avorton d'apparence inoffensive était retors et les grillages de la cours du collège se sont transformés pendant quelques secondes en cage de MMA. Rejouant David et Goliath, le "faible" sixième éclata d'un coup de boule d'anthologie le nez du gros sac qui venait de l'importuner. Un massacre. Une jouissance silencieuse pour toute la communauté des "sixtons".

Toutes proportions gardées la scène s'est rejouée dans mon atelier. Comme prévu la valve s'est déchirée à la base révélant pourquoi elle ne remplissait plus sa fonction. La chambre avait été réparée avec une  bombe anticrevaison. De longues années étaient passées, la pourriture s'était installée et la valve était figée dans une gangue marronnasse. Lors de la rupture cette mixture visuellement et olfactivement très proche de la merde de chien m'a explosé à la figure et s'est répandue sur mon tableau à outils.

Vous comprendrez qu'après une telle humiliation j'ai besoin de m'épancher. Un bizutage n'est jamais anodin.

mardi 15 août 2017

Sortie de rentrée :

Quand il s'agit de feignasser, nous ne sommes pas les derniers par ici, preuve en est que pour la prochaine sortie, je me suis contenté de reprendre le texte et le parcours de l'an passé. Une surprise supplémentaire est quand même prévue.

Dans un grand élan d'humanisme, La Tête dans le Guidon va essayer de faire oublier aux petit-e-s et aux grand-e-s la douleur incommensurable de la rentrée des classes.

Pour ce faire, rendez-vous à vélo dimanche 27 août, à 11h, au milieu du pont Confluences. Au programme une sortie de 5 km pour gagner la ferme de  l'île Saint-Aubin. Comme vous le comprenez, cette sortie est taillée à la mesure des jeunes enfants qui débutent sur deux roues mais qui ont déjà envie de s'arracher de la ville pour se frotter aux grands espaces sauvages. Et puis, il faut qu'ils/elles acquièrent de bonnes habitudes en matière de transports... Une fois sur place, nous prendrons le bac pour pique-niquer, glander sur l'île ou échanger des blagues caramelisées qui arrachent plus de molaires que de rires. Le retour se fera ensuite au bon vouloir de chacun-e.

Pensez à vous munir de menue monnaie pour le passage du bac et pour étancher votre soif.

Je tiens à affirmer qu'il n'est pas nécessaire d'être parent ou enfant pour venir. Il n'est même pas nécessaire d'aimer la présence des enfants, il vous suffira alors de les snober.

Voici un petit aperçu de l'an passé.

vendredi 11 août 2017

Match nul

Match nul mais pas sans intérêt vu l'engagement des protagonistes.

Je n'ai malheureusement pas trouvé le nom de l'illustrateur de cette planche extraite du Dictionnaire des injures.

Dictionnaire des injures, Robert Edouard, éditions Tchou, 1970

mercredi 9 août 2017

Devenez actionnaires !

Le faible coût d'acquisition d'un ensemble professionnel d'outillages pour la mécanique vélo est un avantage indéniable pour qui veut se lancer et ouvrir son propre atelier. Grosso modo, pour 5000 euros votre outil de travail ne sera jamais pris en défaut.

S'installer en tant que paysan-ne est une autre paire de manches et l'endettement à long terme est trop souvent inévitable. Combien de projets agricoles porteurs de changements ne voient pas le bout parce qu'ils achoppent sur la question financière ? Heureusement, pour acheter des fermes ou renforcer des projets existants il existe des alternatives.

En Pays-de-Loire, l'association Terre de Liens est un des visages de ces alternatives. Elle articule protection de l'environnement, qualité de l'alimentation, et soutien aux candidat-e-s qui veulent s'installer en agriculture biologique.


Peut-être avez-vous eu l'occasion de siffler une quille issue de la brasserie locale Lie Bière Terre ? Au "21" nous sommes adeptes de leurs bières. Aujourd'hui nos deux amis, Coralie et Eric, souhaitent devenir paysans-brasseurs. Non contents de faire de la bière ils veulent maîtriser l'ensemble de la chaîne de production, culture de l'orge et du houblon compris. La Foncière Terre de Liens va acheter 22 hectares d'un seul tenant pour leur éviter de s'endetter et pour lancer leur activité sereinement.

Vous pouvez participer en devenant actionnaires solidaires. Toutes les infos nécessaires sont en lien ici ! Prenez le temps de vous pencher sur la question ! Le coût d'une action de 108,50 € n'étant pas à la portée de toutes les bourses, je mets en place à l'atelier une cagnotte. Dès que le montant d'une action est atteint, je commande une action qui sera établie au nom de l'atelier. La Tête dans le Guidon qui pousse son maigre auditoire à l'actionnariat, on aura décidément tout vu !

vendredi 4 août 2017

Force brute

Les vacances exacerbent ma flemmardise. Alors, parfois je prends la bagnole, j'y fourre mon vélo et je roule jusqu'à un coin méconnu pour y fureter. Un étrange atavisme me pousse à aller là où personne ne rêve d'aller. Quand j'ai dis à mes ami-e-s que j'allais faire un tour du côté de Châtellerault ils/elles ont baissé les yeux vers le sol en essayant de masquer leurs ricanements. Cette journée dans le ventre de la France a été néanmoins riche d'enseignements et une belle leçon de géographie physique au sens corporel du terme.

Après un café vite avalé dans un rade du centre-ville je m'échappe vers l'est. Je ne tatônne pas une seconde et trouve aisément la sortie de la ville. J'emprunte la route de la Justice. Evidemment, en bon innocent, je m'y suis trouvé seul.

Sans y prendre garde, j'ai franchi un col. Pourtant le relief est à peine plus chaotique que la surface d'une galette de blé noir et je doute que ce col ait jamais ralenti la progression de qui que ce soit.

La passage du col des Sarrazins m'avait donné l'envie d'accompagner mes efforts d'une petite bolée de cidre. Je me suis contenté de passer à Champagne.

Cette sortie était tellement venteuse que je me serai cru perdu au beau milieu de l'Océan Pacifique. Mes hallucinations sont devenues réalité lorsqu'a émergé la presqu'île de Pâques aux abords du lit de La Creuse.

Après des tours et détours, mon objectif était une courte escapade au village d'Angle sur l'Anglin. Je n'en ai ramené que quelques misérables clichés sur fond de ciel humide et tourmenté.

Sur le chemin du retour, j'ai constaté que pour d'obscures obssessions sécuritaires, les habitant-e-s d'un bled avait mis le fils du proprio de l'église sous résidence surveillée. Je n'en croix crois toujours pas mes yeux.

J'ai péniblement regagné mon point de départ en me faisant le plus petit possible face à un vent qui forcissait d'heure en heure. La brutalité de cet ennemi invisble m'avait depuis longtemps amené à rebaptiser la ville Châtel Raw. J'irai même plus loin : Châtel Raw Power.



jeudi 3 août 2017

Rebelote

Réservez d'ores et déjà votre dimanche 27 août. Comme l'an passé, il s'agira d'une promenade dédiée aux enfants. Plus d'infos à venir mais le rendez-vous sera sans doute donné autour de 10h.

lundi 31 juillet 2017

Loin mais pas trop


Avec l'âge, la raison s'impose. Pour cette sortie estivale nous avions convenu que le point de rendez-vous le plus approprié serait prêt d'un défibrilateur. Sait-on jamais. Et puis, à l'image de nos péripéties vélocipédiques, son design rock'n roll à la AC/DC nous va si bien.

Après un court voyage en train, nous voilà dans une petite ville rendue célèbre par un candidat malheureux aux présidentielles qui a placé ses maigres économies dans l'agence locale du Crédit Agricole. Je préfère néanmoins nettement le PMU qui dispose d'un petit musée avec un superbe Marcel Duchamp et quelques tableaux qui m'ont paru moins authentiques.

Après une entame un peu chaotique avec moult franchissements de barrières nous voilà partis pour 75 km de chemins loin de tout.

Pas trop loin quand même, c'est flippant la nature.

Certains proprios ornent leurs biens de cygnes extérieurs de richesse richement colorés.

Comme il se doit avec les humains, l'esprit de surenchère fait parfois verser dans un style martial que je réprouve.


Toute cette volaille en stuc ne pèse pas lourd face à la prestance d'un couple de cigognes de chair et de plumes. C'est la première fois que j'en croise en Anjou.

J'avais opté pour de grande roues, de relativement petits pneus, et des vitesses à la pelle pour une forme assez misérable. Mon éclatant compagnon avait pris le contrepied avec un quasi vélobèse en monovitesse : le modèle Cooker de la marque Charge.

Bien efficace ce "cuisinier"  qui est même disposé à faire la plonge.

Retour en ville. Ne parle-t-on pas d'urbanité pour évoquer le savoir-vivre ? Les campagnard-e-s n'ont pas idée de leur rudesse.



Quelques photos bonus non-légendées dont je ne sais pas quoi faire où dire :


mercredi 26 juillet 2017

Esprit de contradiction


L'action se déroule en un lieu qui, il y a quelques mois, m'avait valu de brefs démêlés avec la police. Je n'avais pas respecté un feu au rouge. Par un malheureux concours de circonstances, je m'étais fait pincer et avais écopé d'une amende.

Dernièrement, je remonte cette même artère sur la voie de bus, avec mon vélo de route, celui que je décris d'une livrée "couleur bagnole", c'est à dire gris anthracite (j'ai l'impression qu'une bagnole sur deux est d'une nuance de gris). Deux berlines, paraissant identiques à mes yeux de novice, vrombissent côte à côte au feu rouge. De grands garçons mal sevrés font vroum-vroum et se préparent à un duel par pistons interposés. Le bruit est tel que les buveu-rs/ses à la terrasse du bar sont contraint-e-s d'assister à la scène bouches bées. A l'instant où j'arrive à leur hauteur, le feu passe au vert. Le sprint de trentenaires aux pieds droits lourds est lancé. L'accélération est foudroyante et inquiétante. Je lève les yeux, à peine plus d'une centaine mètres ont été parcourus qu'un nouveau feu tricolore brise net leur lancée.

Malgré ma déconvenue policière, je n'ai pas changé mon habitude à cet endroit et pour gagner la file de gauche j'accélère le tempo. Quelle que soit la couleur du feu, je traverse la chaussée le plus vite possible me frayant ainsi un passage vers le salut. Ce soir, d'humeur taquine, je déguste la manœuvre. Arrivé au niveau du feu je coupe mon effort en même temps que les voies. J'ai le temps de capter l'attention des deux agités. Provocation bénine je leur tire la langue et les invite du menton à poursuivre la course avec moi. J'arbore un grand sourire avec le sentiment d'une souris se dandinant sous le regard concupiscent de matous confinés derrière la grille de leur boite de voyage. Les mains en bas du guidon je me mets en danseuse et poursuis ma route les laissant à leur auto-immobilité.

Je concède avoir eu un comportement presque aussi régressif que le leur mais, réaliser une nouvelle fois que les quelques centaines de watts que je développe peuvent parfois être plus efficaces qu'autant de chevaux est une belle raison de jubiler. Mon comportement ne mettant la vie de personne en jeu (même pas la mienne) et n'étant en aucun cas un exemple j'assume pleinement cette transgression en la partageant. Oui, parfois, j'ai un esprit de contradiction.

mardi 25 juillet 2017

Aménagement de peine


Si vous endossez la condition de cycliste, le boulevard du Doyenné, à Angers, vous semblera fort mal nommé. Ce billet compte en faire la démonstration.

Avec son paysage de zone commerciale typique des périphéries françaises, ce boulevard n'est visuellement guère attrayant. Qui plus est, son entame ascendante oblige à appuyer un peu plus fort sur les pédales. Entre parenthèses, j'ai plus de ressentiment envers la toute-puissance de l'économie qui défigure ma ville qu'envers la sudation inévitable mais passagère imposée par la topographie. Toujours est-il que le boulevard est doté d'une bande cyclable large et bien matérialisée tout à fait rassurante qui compense tant bien que mal les défauts évoqués :
Là où le bât blesse, où plutôt là où l'automobiliste pourrait blesser, c'est que le boulevard accueille un rond-point au niveau de la coopérative biologique. Plutôt que de permettre la continuité de la bande cyclable sur les extérieurs du rond-point, les aménageurs/euses n'ont rien trouvé de mieux que de la terminer en queue-de-poisson. Le trottoir se resserre et un marquage au sol intime un cédez-le-passage à la petite reine offrant, contre tout respect de l'étiquette, la primauté à sa sainteté automobile. Double-peine puisque quelques mètres plus loin, un autre cédez-le-passage vous coupera dans l'élan et oblige à ponctionner de l'énergie dans la couche de graisse ventrale que les cyclistes tentent de conserver avec tant de peine. Dois-je rappeler que le coût de l'énergie pour un-e cycliste et un-e automobiliste n'est pas le même ? Certes enfoncer une pédale d'accélérateur coûte plus cher d'un point de vue financier mais écraser deux pédales pour redémarrer à vélo est autrement plus épuisant.
En bref, cet aménagement est merdique et j'ai du mal à comprendre le raisonnement intellectuel qui a conduit à un tel choix technique alors que rien ne semblait entraver une potentielle continuité cyclable. Voilà pourquoi, par volonté de cohérence, il faudra débaptiser le boulevard du Doyenné. Les cyclistes n'y feront jamais de vieux os. Je propose de le renommer boulevard de la Mort (la présence de la majuscule reste à discuter). Avec un peu de chance cette fine exagération tarantinesque aura un effet de sidération qui conduira les usager-e-s à la prudence. Au pire, à défaut d'épargner des vies, cette mesure coûtera moins cher à la collectivité que de revoir l'aménagement du rond-point.

vendredi 21 juillet 2017

Maintenant !

L'atelier sera fermé à partir du samedi 22 juillet au soir. Réouverture mardi 16 août à 11h !

mercredi 19 juillet 2017

Dernier (Mé)râle

Le besoin de vacances se fait sentir. J'ai eu le temps de changer la fourche de ce Méral accidenté avant de me dire que quelque-chose clochait et que j'allais trop vite en besogne. Moralité, on devrait toujours avoir un réglet à portée de main, c'est fort utile pour mettre en évidence un tube de cadre tordu. Et puis dans la foulée, on peut se taper sur les doigts avec pour se punir d'avoir autant de caca dans les yeux.

mercredi 12 juillet 2017

Guirlande art

Un petite vidéo qui documente la sortie nocturne Plus belle la nuit proposée au mois de juin. Un de mes meilleurs souvenirs vélocipédiques de cette année encore riche de promesses. Ouaip, avec vos habitudes de pantouflard-e digne des gallinacées vous avez loupé une sortie féérique.


Merci A. pour la vidéo.

mardi 11 juillet 2017

Basta !

Bastamag ! propose un article qui synthétise bien la situation des livreurs de bouffe à vélo.

Pendant que j'y suis je vous informe que je fais le pont et que l'atelier fermera jeudi 13 juillet à 19h pour rouvrir le mardi suivant.

vendredi 7 juillet 2017

Banzaï !

J'espère que cette mésaventure de Gaston ne va pas servir de prétexte à raviver la querelle entre les cyclistes debouts et les cyclistes couchés.

Gaston R1, Gala de gaffes à gogo, Franquin et Jidéhem, éditions Dupuis.

mercredi 5 juillet 2017

Chant funèbre

Il faut se résigner à accepter la disparition. Je sors de la lecture d'Homère et un adieu poétique me semble justifié. Cependant, je ne vais pas vous pondre 24 chants en hexamètres, d'abord parce que j'ai pas vraiment compris ce qu'est un hexamètre et aussi parce qu'on parle juste du vol d'un vélo et pas de l'histoire d'un mec qui revient de guerre, qui s'échoue cent fois, dont certains potes sont mangés par un cyclope, d'autres transformés en porcs par une déesse capricieuse et qui une fois chez lui, trouve un chaos sans nom dans son palais avec des dizaines de gaziers qui lichent son vin, vident son frigo en faisant du gringue à sa bien-aimée. En conséquence, je vais raison garder et je vais m'abstenir de massacrer les passant-e-s suspect-e-s (en plus je n'ai même pas d'arc). Contentez-vous d'un poème en vers libres bancal. Je trouve que ça fera bien l'affaire en guise de chant funèbre.



Ottopsie


L'arc de cintre tendu vers levant
Demi-lune obscure aux tristes loques

Francesco t'étourdissait mille misères
Même si toujours accroché à la corde

Moi, plus sage te chatouillais la bride
Qu'ensemble ne vivions que délices

Ô Benotto, âne Trotro envolé haut trop tôt
Ton noir spectre me guette-t-il au bon coin ?
Où es-t'U ? Dans quel état j'erre ouin-ouin
Vélo volé, conque pétrie lovée au cerveau

lundi 3 juillet 2017

Vélo volé

Vélo volé : troublante anagramme. Mais allons à l'essentiel. Je viens de me faire voler le vélo ci-dessus. Mon cher et veillissant Benotto modèle Corsa Amateur, il est couleur bronze avec une fourche chromée. Il est à peu près dans le montage ci-dessus : en monovitesse, avec un guidon plat en forme de demi-lune et une Brooks Cambium C17. Alors, si vous le voyez faites-moi signe à l'atelier : 02 41 37 48 27.

En récompense, j'offre un "U", je crois que c'est de circonstances.

Ce spad c'est presque dix ans de bons et loyaux services, si je peux survivre à l'idée qu'il soit revendu et connaisse une autre carrière sous de nouveaux cieux je ne supporte pas l'idée qu'un-e gougnafier-e le peinturlure à la bombe noire. Voilà un crime qui je ne pardonnerai pas.

vendredi 30 juin 2017

Pas niais et garni

Vous ne couperez pas à traditionnel jeu estival. Cette année le "21" vous propose une "bourriche", c'est à un dire un panier garni. Il s'agit d'estimer le poids du panier pour le remporter lui et son contenu. Il contient :

-1 sacoche de guidon Ortlieb
-1 numéro de la revue Ballast
-1 disque vinyl de Better Off Dead
-1 livre d'Octave Mirbeau
-1 polar Tuez un salaud
-2 autocollants de l'atelier
-1 sonnette
-1 multi-outils
-1 boite de rustines
-1 cafetière Bialetti 3 tasses
-1 sachet de café
-1 sachet de thé
-2 marque-pages de la librairie

Le tout pour une valeur de 180€.

Pour participer, il vous suffit de débouler au "21" pour soupeser le tout. Le concours se tient tout l'été et une soirée de pesée et remise du lot aura lieu à la rentrée. Il vous en coûtera 2€ pour une estimation et 5€ pour trois. On vous attend !

samedi 24 juin 2017

Le cadavre pédale encore


La littérature cycliste sent facilement la naphtaline. Comme si son âge d'or ne pouvait que concorder avec un passé héroïque mais révolu. Aujourd'hui, on reproche souvent au cyclisme d'être mécanique. L'approche scientifique et technique du sport l'aurait aseptisé, le privant de tout panache. Les coureurs seraient des robots téléguidés via l'oreillette. Des pions sans vision stratégique et vides de tout esprit tactique. Alors forcément ce cliché ne laisse guère de place au rêve. Les plumitifs peinent à forger leurs mythologies. Personnellement, je trouve symptomatique et inquiétant que notre époque invoque le spectre d'Antoine Blondin à tout bout-de-champ en guise d'exemple de belle écriture sur la vélo. Permettez moi de penser qu'au sortir de la guerre, il aurait du rejoindre pas mal de monde dans les poubelles de l'histoire. Je ferme la parenthèse.

Olivier Haralambon va fortement déplaire aux nostalgiques. Il déboule avec un extraordinaire recueil de textes sur le cyclisme contemporain qui s'avale plus vite qu'une étape de plaine et qui prouve que le cyclisme professionnel n'est pas réductible à un spectacle machinal. Cet écrivain, au passé de coureur cycliste, dépeint un cyclisme charnel pour ne pas dire érotique. Il aura fallu attendre tout ce temps pour que quelqu'un rappelle une évidence : le cycliste sent d'abord la route avec la partie la plus charnue du corps, le cul. Explication triviale mais non dénuée de sensibilité. Il dissèque un peloton plus proche du banc de poissons que d'une armée en marche. Il pose un regard tendre sur ces corps façonnés par les kilomètres et meurtris par les chutes et les privations. Il guette avec appétit les signes ténus qui distinguent un coureur qui a du style de ses camarades. Il soutient avec beaucoup de conviction que la performance se vit plus qu'elle ne se mesure. Pour faire bref, un cyclisme orgiaque avec de grandes jouissances baignées de soleil mais aussi les vomis au bout de la nuit. A prendre ou à laisser.

Le propos est servi par une écriture sensuelle et précise qui navigue entre souvenirs d'enfance, pensées philosophiques et poésie brute : « J'ai sué, pleuré, craché, ri, joui, bavé, saigné parfois, sur l'asphalte et la campagne. J'ai violemment aimé le vélo et la course cycliste parce qu'ils m'ont donné une forme de confiance dans l'immensité sans fond de la vie, dans la verticalité du temps. Sans lui, sans eux, je n'aurai jamais eu le moindre sentiment de l'éternité – d'une éternité non pas mythologique, mais vécue. »

Il est toujours rassurant de constater que le cyclisme, pas plus que sa littérature ne sont morts.

Olivier Haralambon, Le coureur et son ombre, Premier Parallèle, 2017.

jeudi 22 juin 2017

OuCyPo

Frigidaire, mobylette, poubelle sont des antonomases bien connues. Il en existe une en matière de cyclisme : guidoline. Autrement appelé ruban de cintre, cette petite bande autrefois en coton tressé, parfois en cuir, le plus souvent aujourd'hui en matière synthétique sert à amortir  les vibrations, à garantir une bonne prise en main du cintre. C'est enfin un accessoire de décoration du vélo qui en dit souvent beaucoup sur la relation entretenue par un propriétaire à son vélo. Guidoline est une marque déposée (depuis 1950) de l'entreprise Velox.

Le billet de ce jour ne concerne pas les droits afférents au dépôt d'une marque. Ces derniers mois, j'ai compilé quelques approximations de langage. Je vous propose donc quelques substantifs du subsitution qui me sont tombés dans l'oreille grâce à des client-e-s. J'ai l'esprit fantasque mais je tiens à affirmer que je ne les ai pas inventés.

Guidonline : une lettre de plus qui ne change pas grand-chose d'un point de vue prononciation même si le terme devient plus épais à mon goût. Je propose donc qu'on réserve guidonline pour les cintre de gros diamètre dits oversize.

Gainedoline : légère confusion entre la gaine et le guidon. Il est vrai que sur les vélos de route contemporains la gaine est masquée par la guidoline. La gainedoline est par conséquent un produit confiné au cyclisme sur route post 1990, date à partir de laquelle se généralisent les cocottes combinant freins et vitesses.

Gaydoline : ce serait une bonne idée que de revoir le maillot de champion du monde et de le mettre aux couleurs de l'arc-en-ciel. Peut-être que cela ferait évoluer positivement les mentalités dans un peloton très hétéronormé. Par contre un ruban de cintre arc-en-ciel donnera probablement le tournis au daltonien que je suis.

Gwendoline : la version bretonnante du ruban de cintre ?

Il y avait l'OuLiPo, il faut désormais compter avec l'OuCyPo : Ouvroir d'un Cyclisme Potentiel.

samedi 17 juin 2017

Seb c'est bien

C'est pas souvent qu'on propose des concerts au "21", comme c'est petit chez nous on privilégie les formules compactes. Seb c'est un groupe de rock qui tient dans une valise et il n'a même pas besoin de feux d'artifices et d'envol de colombes pour que ses apparitions laissent un souvenir impérissable.

N'oubliez pas de bien dormir la veille parce que la nuit va être épique !

jeudi 15 juin 2017

Petit vélo

Il y a fort peu de temps que je connais l'existence d'un cocktail nommé "petit vélo". Comme ce blog nourrit des visées encyclopédiques, je me vois dans l'obligation de vous fournir la recette. Je te tiens néanmoins à dire que je ne l'ai pas testée. Si vous sortez aveugles de l'expérience je décline toute responsabilité.

Dans un petit verre :
-1 trait de sirop ou mieux de jus de citron
-1 dose de calvados ou d'armagnac : le courant "tradi semble pencher pour le premier, le courant "gourmet" pour le second.
-1 dose de limonade
-1 glaçon

Glouglou.

lundi 12 juin 2017

Et in Arcadia ego


Cette citation latine m'accompagne depuis longtemps, pour ainsi dire elle est ma devise, inscrite à portée de regard depuis l'établi. Je l'ai découverte en même temps qu'un tableau de Nicolas Poussin parfois titré Les bergers d'Arcadie que voilà :

Pour faire simple, l'Arcadie est un synonyme antique de paradis. Une région fabuleuse peuplée de bergers heureux : même pas rongés par l'ennui, même pas vêtus de haillons ! Un îlot de joie où de gracieuses nymphes se laissent approcher pour converser. Bref, le calme et la volupté sans le luxe. Poussin reprend ce motif classique mais tempère cette vision idyllique par l'inscription qu'il couche sur un tombeau : Et in Arcadia ego. "Même en Arcadie, moi (la mort) j'existe".

Fort récemment, je divaguais fiévreusement à vélo à travers mon Arcadie. Carte en main, je furetais en quête d'un recoin ombragé pour une sieste très attendue. Ma joie était à son comble. La Mort en a profité pour se rappeler à moi. De manière fort peu romantique en matière d'apparat. Elle n'était pas tout de noir vêtue, elle arborait un bête "top" gris. Elle portait de grandes lunettes de soleil avec un traitement "miroir" à l'effet cinématographique fort à-propos. Elle a aussi remisé sa faux. En adéquation avec notre siècle, elle l'a remplacée par une bagnole blanche tout à fait banale. Cet équipement plus contemporain lui permet néanmoins de conserver le surnom de Faucheuse. Enfin, elle était accompagnée d'une passagère à la passivité criminelle. Passons au mode opératoire qui est d'une simplicité déconcertante.

Alors que j'abordais une courte ligne droite sur une petite route de campagne, je la vois d'assez loin venir à ma rencontre. A environ deux-cents mètres de moi, la voilà qui se met à rouler à gauche, c'est à dire tout bonnement face à moi. Elle accompagne son changement de file d'un doigt collé à l'avertisseur. C'est seulement quelques mètres devant moi qu'en une brusque embardée effectuée un large sourire aux lèvres elle regagne le côté de la chaussée qui lui est dévolu. Sans attendre mon reste je m'étais précipité sur le bas-côté. De peur, de rage et d'impuissance, j'ai esquissé un demi-tour pour la poursuivre, si ce n'est en pédalant au moins avec une bordée d'insultes et les gestes qui vont de pair. Alors que je venais à la rencontre de nymphes philosophes et de bergers poètes, il aura fallu que la mort grimée en mange-merde-motorisée me rappelle qu'un jour ou l'autre elle ne blaguera pas. Par un malheureux concours de circonstances, la veille, au travail, un fourgon avait entamé une marche arrière inopinée alors que je patientais derrière, à vélo. Je me suis littéralement jeté sur le trottoir pour en réchapper. Je peux donc affirmer publiquement que j'ai bien reçu le message qui m'est adressé. Funeste mais inévitable destinée.

Passé le moment de colère, les fantasmes de torture et de meurtre, l'Arcadie et ses joyeux/ses habitant-e-s m'ont fait réviser ma métaphysique du cyclisme. J'en suis venu à la conclusion que le vélo est un exhausteur de tout. Enfourchez votre vélo, partez seul-e dans une aventure à votre dé-mesure et constatez par vous même. Ceux/celles dont la civilisation a le plus anesthésié les sens constateront a minima que le cornichon de leur sandwich est plus goûteux que d'habitude, d'autres s'étonneront de la qualité d'un silence et de l'apaisement qu'il procure, certain-e-s méditeront sur l'étroite relation entre l'espace, le temps qu'il faut pour le parcourir et la dépense d'énergie nécessaire. Bref, vous vous découvrirez cuisinier/ère, mélomane, physicien-ne, philosophe même si vous ne restez que de braves cyclistes à la merci de la première tache avinée disposant d'une caisse pourrie.

Néanmoins, voici quelques photos d'Arcadie, pour une fois non légendées.


ps : Comme je ne voudrais pas que la morbidité de certaines photos vous pousse à penser que la morosité est ma seule compagne du moment, je vous glisse une dernière photo, accompagnée d'une notice, qui prouve que je ne suis pas la moitié d'un déconneur de syndicat d'initiative. Ho merde, Homère !

 Parcourir la vallée du Lys est une petite odyssée