mardi 12 décembre 2017

Shichinin no samurai

L'esprit de Noël convoque habituellement une imagerie nordique : rennes, sapins, neige et compagnie. C'est fort sympathique mais à force de répétition légèrement soporifique.

Pour contrer cette monotonie saisonnière et profiter de l'arrivée des vacances, La Tête dans le Guidon propose de mater un monument du cinéma réellement dépaysant :

Les sept samouraïs de Akira Kurosawa

En 1652, au Japon, des paysans sont confrontés à une bande de brigands qui les volent et les maltraitent. La communauté décide de faire appel à des samouraïs...



Alors, rendez-vous à l'atelier samedi 23 décembre, à 19h, c'est à prix-libre !

vendredi 8 décembre 2017

Prendre la porte (suite)

Suite à mes dernières mésaventures, un ami m'a fait découvrir la "méthode néerlandaise" pour sortir de son véhicule. J'approuve je préfère rencontrer ce genre d'automobilistes plutôt que la porte des autres jean-foutre.


mercredi 6 décembre 2017

Prendre la porte

Comme tout cycliste urbain, j'ai régulièrement maille à partir avec les automobilistes. Angers est actuellement une ville largement entravée en travaux ce qui ne facilite pas la cohabitation. Alors j'évite autant que possible les grands axes. Le hic c'est que les automobilistes font de même...

Si j'écris aujourd'hui c'est pour me retenir devant l'écran de l'ordinateur de l'atelier plutôt que de prendre ma clé à molette et d'aller péter le pare-brise d'une voiture garée non loin de là. Il y a quelques minutes, en plein descente, un porte de bagnole s'ouvrait brusquement devant moi. J'ai effectué une belle embardée suivi d'un dérapage et d'un demi-tour pour aller bavarder avec l'homme qui sortait nonchalement de l'habitacle. Il s'agissait suimplement de rappeler qu'un petit coup d'oeil dans le rétro m'aurait évité une manoeuvre périlleuse.

Pour toute explication j'ai recueilli :
-Bah, je vous avais vu et puis vous m'avez évité.

Inutile de vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour. Rien de ce que je pouvais exprimer ne semblait atteindre mon interlocuteur qui impassible daignait à peine me regarder. Devant si peu d'écoute ce qui était de la peur s'est rapidement mué en colère voire en haine quand je me suis dit qu'il ne me reste qu'une alternative : l'insulter ou lui mettre ma main dans la gueule (le cumul des deux me semble toujours compliqué au niveau respiratoire). C'est heureusement la première option que j'ai mise en application.

Me voilà devant mon écran à vider ce qui me reste de venin et de bile. Comprenez que je puisse m'étrangler quand, à propos d'Angers, je lis cet "article" tout récent : En ville, le développement des modes de déplacement doux semble être aujourd’hui un enjeu majeur des collectivités. Avec une sensibilisation accrue auprès du public et des infrastructures attractives, comme c’est déjà le cas à Angers, les rapports entre l’humain et l’urbain ne peuvent que continuer à garantir un usage agréable et accueillant de nos villes.

C'est une blague ce verbiage ? Une vraie publicité mal dégrossie. C'est une chose de ne pas utiliser la même langue mais parle-t-on bien de la même ville ?

lundi 4 décembre 2017

Maillot jaune sale

Il y a enfin un gagnant au jeu du moment  et c'est Marc ! Bravo à lui, magnanime il n'a pas embarqué le prix qui lui était dû, sans doute parce qu'il devrait le partager avec un moteur de recherche. La personne qu'il fallait retrouver était Donald Trump qui dans un de ses nombreux moments d'égarement pensait qu'il allait détrôner le Tour de France en sponsorisant une épreuve cycliste ! Un article de Libération fait une bonne synthèse de cette histoire tordue.

jeudi 30 novembre 2017

Deux choses !

Deux choses :

-A mon grand désarroi, personne n'a encore gagné le concours du moment. Il y a bien eu une réponse exacte mais elle émanait de celui qui m'avait fourni la matière à ce concours. Hors-jeu de position. En conséquence j'offre un nouveau délai et je vous attends de pied ferme !

-J'en profite pour vous rappeler que votre présence est indispensable à la soirée qui va se tenir samedi !

mardi 28 novembre 2017

Construire une charrue


Tout le monde connaît la légende plaquée or, d'un magnat qui serait parti de rien et aurait commencé à bâtir sa fortune en vendant de la limonade aux passant-e-s. Belle farce jouée dans le meilleur des nouveaux mondes. Je ne connais pas la recette de cet élixir de richesse et suis donc probablement condamné à ne pas m'enrichir. Le seul ruissellement que je puisse espérer est la chute fortuite d'un billet de 50 euros de la poche d'un-e bourgeois-e. Pragmatiquement, ma force de travail, un peu de connaissances et d'expérience pourvoiront encore un moment, je l'espère, à ma subsistance. A quoi bon "parvenir" ? Je vais déjà où bon me semble ?

En tous cas, cette petite histoire bidon m'est revenue en discutant avec un ami. Nous évoquions les expériences d'enfance fondées sur le démontage-remontage d'appareils parfois défectueux mais plus souvent victimes de notre curiosité. L'ami en question avait excellé à défaire un réveil mécanique jusqu'à ce que de petits ressorts ne quittent définitivement leur logement. Le temps s'est alors arrêté. Illusion qui aurait pu ouvrir une carrière de magicien si l'option avait été saisie au Ô temps suspends ton vol.

Cela m'a rappelé un moment fondateur, une de mes premières expériences de mécanique vélo. La première étant, je crois, la pose de rustines où, très jeune, j'étais plus concerné par l'eau de la bassine que par l'aboutissement de l'opération. Ma première entreprise de taille en plein in-conscience s'est abattue sur le vélo de mon père. Je devais avoir autour d'une dizaine d'années. Le dernier catalogue de La Redoute avait amené au fond du bocage la mode naissante du vétété. On parlait de "vélo-cross". L'engin, un Motobécane je crois, n'était pas très abouti et ressemblait à un BMX trop bien nourri. J'étais fasciné par la présence, sur le tube central, d'un sélecteur de vitesses tellement massif qu'il évoquait la boîte de vitesse du tracteur que je n'avais pas (mais plus pour longtemps) le droit de conduire. Le potentiel d'imagination était tout entier concentré dans ce sélecteur. Avec ce vélo-tracteur j'allais pouvoir délaisser mon demi-course et les routes environnantes pour me lancer à l'assaut d'innombrables chemins sur lesquels je tracerai moi aussi un sillon.

Mais, Noël était loin et j'avais conscience que je ne trouverai pas de vélo sous le sapin. Pas la peine de pigner. La présence silencieuse du vélo de mon père dans une remise me vint à l'esprit. C'est sans accord parental que je mis la main sur le butin. Après tout, grand adepte de la marche je n'avais jamais vu mon père pédaler.

Le vélo présentait certains pré-requis indispensable à la réussite du projet de sa conversion en vétété. Les pneus étaient nettement plus larges et crantés que sur mon demi-course. Il disposait également d'un cintre plat. Pour le reste j'allais improviser. La présence d'une paire de gardes-boue et d'un éclairage à dynamo nuisait à la ligne générale du vélo. Le freinage était correct mais si je voulais faire des dérapages conséquents et lever la poussière des chemins il allait falloir ajuster tout ça.

Dans une ferme, ce ne sont pas les outils qui manquent, d'ailleurs j'emploie encore certains de ceux que j'y ai accaparé. Seul hic, ces outils sont destinés à l'entretien du matériel agricole. Si vous additionnez outils surdimensionnés pour le vélo et connaissances enfantines sous-dimensionnées, vous obtenez sans grande surprise un résultat catastrophique. Après deux ou trois heures de marteau-tournevis-pince coupante, j'arrive à peu près au résultat escompté. Je dis bien à peu près, car si l'aspect esthétique me convient, la partie mécanique a pâti de mon intervention. Les freins m'ont donné du fil à retordre et j'ai dû me séparer de l'un d'eux.

Le résultat n'est pas optimal mais je sais faire de nécessité vertu et je me fais suffisamment de films en roulant dans les chemins pour être pleinement satisfait de l'ouvrage de démolition que je viens d'effectuer. Je peux mettre La Redoute à la poubelle (sauf les pages avec les dessous), je suis équipé d'une vraie charrue bien que le bœuf ne soit pas devant mais installé sur une vieille selle en cuir.

Il m'a fallu bien des années pour réaliser que j'avais détruit un vélo Petit-Breton mono-vitesse qui avait survécu sans encombres à une guerre mondiale. Les garde-boues étaient probablement martelés, et le feu avant en obus très classe. Du passé j'avais fait de la ferraille. Un fléau.

Quelques mois après mon forfait, un de mes "vieux", ­ car plus âgé de deux ans, ­ voisins s'était vu offrir le modèle original. J'étais tellement impressionné par la bête que j'avais décliné sa proposition de l'essayer. Ne sachant pas comment utiliser la "boîte de vitesses", j'avais eu peur de me ridiculiser.

Je me sens toujours un peu honteux quant à mes débuts de mécano et n'en ai jamais parlé à mes parents. Le plus surprenant est que je ne me souviens d'aucune engueulade qui aurait découlé de la découverte du pot-aux-roses. Pas de leçon de morale. Pas la moindre brimade. Ceci explique peut-être pourquoi je n'exhume pas cette affaire devant mon père. Trente ans ont passé, mais elle reste sensible et le temps de la prescription n'est toujours pas venu.

vendredi 24 novembre 2017

Rencontre du sale type

Je propose un petit jeu pour pimenter le week-end, même si j'ai peur que la faiblesse humaine ne fasse une nouvelle fois appel à la puissance algorythmique. Il s'agit de trouver qui est l'interlocuteur qui s'adresse à Greg LeMond et qui visiblement n'entrave que pouic à l'ambiance qui règne au sein d'un peloton cycliste professionnel :

X - Pouvez-vous être à la fois amis et adversaires ?
Greg - Oui.
X (interloqué) - Je n'ai jamais vu ça de ma vie.

Qui est X, cette personne incrédule et, à mon avis, incroyable et incompréhensible ?

Comme d'habitude, la réponse ne sera validée que si vous venez me la donner à l'atelier. Il n'y aura qu'un gagnant-e qui se verra remettre au choix une guidoline ou une paire de grips !

Ha oui, un indice est caché dans la photo d'illustration !

samedi 18 novembre 2017

Mercenariat

Les dates et parcours pour les BRM organisés au départ d'Angers par le RCA sont en ligne. Dans un élan de charité, l'atelier offre l'inscription à tout-e cycliste qui désire s'aligner au départ en monovitesse sur le 200. Proposition pas tout à fait désintéressée car j'espère ainsi voir d'autres personnes partager la même peine que moi. Passez à l'atelier vous inscrire !

mercredi 15 novembre 2017

Minute de réclame

Trop souvent, je néglige que le blog de l'atelier est aussi un outil commercial. Qui plus est, la saison froide est toujours un moment délicat pour mes finances. C'est donc le moment pour moi de déclencher chez vous un acte d'achat compulsif.

J'ai donc reçu un nouvel élément de bikepacking. Je stocke toujours une bonne partie de la gamme Apidura et j'ai accès à la gamme dédiée chez Ortlieb. Cependant, pour les bourses les moins replètes je propose désormais la sacoche de selle Backloader de Topeak. Très classique dans sa conception, elle a une contenance très honorable de 10l pour un prix contenu de 74€. Petit plus, elle est équipée d'un sac intérieur étanche histoire de mettre le plus important à l'abri de l'eau.

Voilà, je ne me sens jamais très à l'aise dans la peau d'un commercial, je retourne vite remettre les paluches dans le cambouis.

mercredi 8 novembre 2017

Lost in translation


Le coeur du cyclisme a longtemps battu sur le continent qui l'a vu naître et prospérer. Désormais, la production s'est largement déplacée en Asie et le rayonnement culturel touche la vieille Europe depuis l'autre côté de l'Atlantique. Les USA en particulier ne sont pas avares de nouvelles pratiques et de redécouvertes. De ce fait, les anglicismes fourmillent et parfois les termes francophones s'effacent au bénéfice de la terminologie technique anglophone. Ainsi, il est courant d'entendre parler des chainstays d'un cadre de vélo pendant que les bases rouillent au fond du dictionnaire ? Nous sommes localement une poignée à penser que rediscuter du vocabulaire référentiel ne peut qu'améliorer nos échanges et clarifier notre pensée de professionnel-le-s et de pratiquants-e-s. Un travail de mise à jour, de remise au goût du jour, et parfois de création s'impose. Quelle expression francophone serait convenable pour traduire toe overlap ?

C'est à ce jeu que nous voulons nous coller et nous vous invitons à participer. La tache est ardue et peut-être au dessus de nos forces. Nous avons cependant dégagé trois axes que nous aimerions défricher.

Le cadre et la fourche
Quelles parties le composent ? Comment énoncer les paramètres qui définissent sa géométrie et son comportement ? Le secret dessein de ce grand œuvre est de proposer une version francophone plus cohérente au logiciel de conception BikeCAD.
Exemples de termes à discuter: stack, reach.

Les composants et leur caractéristiques techniques
Exemples de termes à discuter : bcd, offset.

La culture et les pratiques cyclistes
Exemples de termes à discuter : gravel, fatbike.

Un premier rendez-vous est donc fixé samedi 02 décembre à 19h30 au 21, rue Maillé. Cet atelier est ouvert à tou-te-s et surtout à celles et ceux qui désirent enfin savoir ce que signifie toe overlap tout en sirotant un verre en bonne compagnie.

dimanche 5 novembre 2017

56 et 57

Il n'est pas trop tard pour féliciter B. Et A. qui ont participé mercredi dernier au cyclo-cross de Sainte-Gemmes-sur-Loire. Première participation pour B. qui a fort bien géré son effort. En effet, à la fin du premier tour il nous crie : "Chuis mort !". Il franchira la ligne d'arrivée à peu près dans le même état. A. bénéficiait d'un solide passé de compétiteur mais s'est aligné en monovitesse avec un braquet ambitieux. Il réalise lui aussi une performance plus qu'honorable sous les yeux embués de ses parents qui avaient fait le déplacement depuis des provinces reculées. Voici quelques photos réalisées par deux supporters.

jeudi 2 novembre 2017

La vérité est en haut du Puy


Contrairement à mes jambes, le soleil était ces derniers jours d'un métal plus léger que le plomb mais aussi plus brillant que mes analyses cartographiques. De cette conjonction a découlé une moyenne minée par de multiples portages à travers des sentiers pentus envahis de ronces. Cela en valait la peine et j'ai découvert des coins et des êtres accueillants. Ma philosophie du jour se tenait donc ramassée dans ce court slogan : Moins de performance, plus de consistance. Ne me demandez pas de développer une idée aussi pauvre que sa rime.

J'ai toujours le même attrait pour la moindre ruine, surtout quand elle offre de dominer une partie de mon terrain de jeu du jour.

Il ne faut pas quémander, il faut prendre !

Un tunnel aménagé par des cascadeurs/euses,

Qui barre l'accès à une magnifique cascade tapie profond dans une vallée toute proche de Thouars.

Passage obligé par une autre vallée qui m'est chère, un peu plus à l'ouest.

Le bar-tabac à l'entrée de Cersay ne paie pas de mine et ne paie probablement pas non plus les mamies en blouse qui le tiennent. Tout n'y est que calme et sérénité, on s'y passe volontiers du luxe. Ultime marque de tempérance, le Coca y est servi en bouteilles de 20 cl.

De toutes façons dans le coin on aime pas trop (se) vendre et on évite d'en faire des caisses : laconique le marketing !

Et pour prouver quoi d'abord ? Qu'ici on a inventé les « concept-stores » des décennies avant l'avènement des hipsters ?

samedi 28 octobre 2017

Faire le mort

 
Je profite de la journée fériée du 1er novembre pour faire le pont et donc prendre mon mardi. Réouverture de l'atelier jeudi 2 novembre !

Dans le même ordre d'idée je vous préviens d'ores et déjà que l'atelier sera fermé le samedi 11 novembre !

jeudi 26 octobre 2017

Marché indécent

Petit extrait visuel d'une revue destinée aux pros :
Je suis assez surpris d'y lire une expression telle que "le marché de la femme". Je croyais pourtant l'esclavage aboli.

vendredi 20 octobre 2017

mercredi 18 octobre 2017

Pony Pony Bikes Run Run

Les vélos en libre service sans station déboulent sur Angers plus vite que prévu. Selon le Courrier de l'Ouest, une flotte d'une centaine de vélo sera implantée la semaine prochaine. Des vélos sans éclairage avec de simples catadioptres, le service sera-t-il indisponible la nuit tombée ? A suivre.

lundi 16 octobre 2017

Marathon

Le parcours évoqué ci-dessous faisait 42 km. Distance parcourue à trois sans déplorer de décès à l'arrivée à la différence de la légende de la naissance du marathon.

Conduire tout en prenant son petit-déjeuner, certain-e-s appellent ça une conduite à risques de gamin-e-s, alors qu'il s'agit de l'expression de la fureur de vivre d'une génération déjà déclinante.

En tous cas, pour les vieilles branches du cyclisme, l'équation est simple :
café + camion + feuilles mortes + chemins creux = ?

= cyclo-cross bien sûr !

Evidemment les péripéties se sont succédées, sinon ce blog serait silencieux. Par exemple, nous avons rendu à son champ un veau qui s'était évadé. Situation éthiquement tendue pour notre groupe qui comptait au moins deux végétariens. Etrange distortion de la morale que de rendre un veau à sa mère en même temps qu'à l'abattoir.

Fatigue morale aggravée par un fort dénivellé qui a émoussé mes sens. La faim commençait à troubler ma vue.

Diététique dystopique mais néanmoins réparatrice.

 Suivie d'un assoupissement-minute dans les crottes de lapins.

Le retour au point de départ s'est fait via la traditionnelle pause désaltérante dans le cimetière du coin. Le monument aux morts étalait un esprit revanchard assez déplacé au sortir de la première grande boucherie. Une symbolique chargée que le temps va diluer. Gageons que dans 1000 ans les générations futures l'interpréteront comme suit :
-Hého Dédé ! J'apportes les croissants, ils sortent tout juste du four ! Par contre tu veux bien rappeller ton coq, il veut tout becqueter et je le trouve agressif pour du gibier de basse-cour !

Terminons par une petite morale cucul que j'ai tirée de cette équipée :

Que ce soit par ici,

Où par là !

Le vélo c'est la joie.

vendredi 13 octobre 2017

jeudi 12 octobre 2017

Mobilité liquide et canalisations bouchées


Le système de Vélos en Libre Service classique comme l'emblématique Vélib est sur le point de se faire bousculer.  Après Lille, c'est à Paris que s'installe une société de VLS mais sans stations. Gobee.bike implante donc une flotte de vélos que l'on peut utiliser et déposer n'importe où. En apparence tout va bien dans le meilleur des monde où tout doit être souple voire liquide. Et ce type de service pourrait bien être plébiscité dans un premier temps. Le vélo est accessible via une application mobile pour 50 centimes par heure et avec une caution de 50 euros. Pour l'instant, la flotte de ces vélos reconnaissables à leur livrée vert pomme ne compte que quelques centaines d'unités contre 20 000 Vélib. Mais cela ne saurait durer. En effet, un des problèmes posés par ce système ou des entreprises jouissent souvent sans compensation de l'espace public provient du fait que ce modèle repose sur une facilité à trouver un vélo à peu près n'importe où. Cela implique l'installation de flotte très importante (plusieurs dizaines de milliers pour les villes chinoises). Ainsi, à Munich c'est une flotte de 7 000 vélos oBike qui est anticipée. A Rotterdam, 3000 vélos ont été dispersés, mais ils tendent à se concentrer rapidement dans les mêmes quartiers obstruant certains trottoirs*. Amsterdam qui fait des efforts pour gérer le nombre de vélos abandonnés dans ses rues et qui jouit d'un espace public restreint a posé un ultimatum prenant fin le 20 octobre intimant aux sociétés de VLS d'enlever leurs flottes de l'espace public. Passée cette date elle le ferait elle-même ! Ce mode de transport pose donc assez clairement la question de l'accaparement de l'espace public.

Les mois qui viennent vont être forts intéressants car la concurrence va devenir assez folle sachant que Vélib passe dans les mains du consortium franco-espagnol Smovengo et son emprise va s'agrandir début 2018 à toute la métropole. Enfin, le géant chinois (et donc mondial) du VLS sans bornes Ofo, présent dans plus de 180 villes, aurait des visées parisiennes. Une nouvelle bataille de la jolie guerre économique s'annonce. Les rues de Paris vont-elles disparaître sous un amas de vélos ?



* La photo d'illustration que j'ai récupéré via le blog Isabelle et le vélo montre un comité de quartier en plein action d'évacuation de VLS sans station à Rotterdam.

samedi 7 octobre 2017

Divin Devon


Je crois avoir déjà, par le passé, glissé un poème de John Helston. En voici un autre extrait de Poèmes d'un Cycliste qui me donne envie d'embarquer mon vélo dans le premier ferry avant que la poussière ne devienne boue.


Les chemins du Devon

Au-dessus des collines du Devon l'ouest coloré est beau.
Le soleil couchant me rejoint sur les collines, ses oripeaux déployés.
Et il y a une splendeur dans ce pays que j'aperçois à peine,
Qui gagne mes sens depuis l'extrémité doré du monde.
D'où vient-elle, cette Beauté sentie au cœur de l'homme,
Qui fait de son sang l'écho de choses plus que mortelles,
Et la poussière anglaise sur les chemins du soir sous sa roue de vélo
Le sentier vers la côte mythique où chante l'eau-sirène.

Extrait de The Rhymes of a Cyclist, traduction de l'anglais par Edward Nye

mercredi 4 octobre 2017

Mauvais garçon nature


Les photos de ce billet font office d'archives. Elles documentent le dernier montage de vélo issu de l'atelier sur la base d'un cadre Nature Boy de la marque All-City. Il s'agit d'un montage en cyclo-cross monovitesse. Pour ceux et celles qui n'ont pas le temps de pratiquer cette discipline exigeante mais qui désirent briller lors des soirées mondaines des hipsters vieillissant-e-s employez l'acronyme anglais CXSS, pour Cyclo-Cross SingleSpeed. Mon Commanditaire (ce terme a un petit côté mafieux qui, pour une fois, n'est pas pour me déplaire) voulait un montage classique avec des freins cantilever, suffisamment versatile pour tracer dans les chemins sans pour autant dédaigner de longues sorties sur route en changeant simplement les pneus. Si j'emploie le terme « archives » c'est parce que la séance photo date d'une semaine déjà et qu'entre-temps le vélo a été mis à l'épreuve lors de plusieurs sorties qui me semblent des prétextes à enchaîner le plus de dérapages possibles. Si vous croisez un vélo blanc suivi d'un nuage de poussière il s'agit sûrement de ce Nature Boy propriété d'un garçon soit-disant mature mais toujours joueur.

Les photos ont été réalisées par Albert Photographe. Si vous voulez des photos de mariage ou de communion passez votre chemin, pour le reste, ce qui laisse de la marge, n'hésitez pas à le contacter, je crois que son professionnalisme saute aux yeux, surtout que photographier un vélo blanc n'a rien d'une sinécure. C'est parti !

 
Check list :
-Je défends toujours l'idée qu'un bon vélo c'est un bon cadre/fourche et une bonne paire de roues. En étant cynique, le reste n'est qu'un moyen d'exprimer son statut social en claquant le plus de pognon possible. En l'occurrence les roues sont formées de moyeux Halo Track que j'ai rayonné avec des jantes H plus Son Archetype. Les rayons rétreints sont des DT Swiss. Le café que je me suis abstenu de boire au montage était colombien. Plus sérieusement les Halo sont un excellent compromis poids/prix et pour ne rien gâcher ils sont beaux. Pour leur prix, la qualité des roulement est assez bluffante. Quant aux jantes, leur facilité de montage est le gage de leur bonne facture. Le traitement de surface inspire la confiance. Les pneus sont des Continental Cyclo X King mais cela va sans doute vite varier en fonction des envies.

-Je suis parfois obtus et je ne conçois pas une transmission monovitesse avec une grosse chaîne large à réserver pour les mobylettes. La bonne base c'est une chaîne 8 vitesses. Plus légère, elle est aussi moins bruyante, surtout il est avéré qu'elle est plus solide qu'une chaine mono classiques, ce qui de prime abord peut sembler contre-intuitif. Notre (c'est pas Louis XIV qui te parle, c'est moi et mon commanditaire d'où la première personne du pluriel) dévolu s'est porté sur une chaine KMC X 8.93. La roue-libre Halo à 72 points d'engagements assure une transmission de l'effort sans point mort et son bruit de crécelle rend les gamins hystériques sur son passage. Le pédalier est un Sugino très classique. J'avais le même sur feu mon Benotto, sniff ! Le plateau d'origine a été remplacé par un Stronglight 9/10 vitesses (comme sur mon Benotto, bouhou!). Le boitier de pédalier Shimano est tout ce qu'il y a de plus générique, il est dodu mais robuste et pas cher. Enfin les pédales sont des Crankbrothers.

-Le guidon est composé d'un cintre FSA et de la potence idoine. Rien de foufou, de l'éprouvé bien abordable. Le jeu de direction est de la marque First. Il est un peu comme les moyeux Halo, d'une qualité sous-estimée pour un tarif contenu. Les leviers sont des SRAM Rival 1. Leur ergonomie est parfaite les mains en bas du cintre. La guidoline est un truc générique mais j'ai changé récemment ma technique de pose ce qui m'a réconcilié avec ce point qui avant ne me passionnait guère.

-Les étriers cantilever sont des TRP dévolus à la pratique du cyclo-cross cette étrange coutume où, au début de l'épreuve, des cyclistes pédalent dans la boue sous les yeux de spectateurs/rices qui mangent des frites et qui, une heure plus tard, pédalent toujours dans la boue sous les yeux de congénères qui mangent des frites à la boue. Un plaisir inexpliquable et de toutes façons incompréhensible. Je dois remercier J. pour ses conseils avisés quant à la délicate question de l'éradication des nuisances sonores inhérentes aux cantis. Les TRP brillent par leur impressionnante puissance de freinage mais aussi parfois « vocale ». Atteindre la nécessaire extinction de voix réclame patience et subtilité et il m'a bien aidé là-dessus.

-Question séant, si le proprio du vélo m'a laissé choisir une tige de selle 3T sans déport, il aura été inflexible sur la selle : une Turbo. Mettre cette selle sur un cyclo-cross c'est un peu imaginer Elvis se roulant dans la boue de Woodstock avec ses Blue Suede Shoes. Je me suis résigné à l'impensable.

J'espère que ce montage est destiné à un usage aussi intense que la pression que m'a mise mon Commanditaire à chaque étape du montage !