jeudi 12 octobre 2017

Mobilité liquide et canalisations bouchées


Le système de Vélos en Libre Service classique comme l'emblématique Vélib est sur le point de se faire bousculer.  Après Lille, c'est à Paris que s'installe une société de VLS mais sans stations. Gobee.bike implante donc une flotte de vélos que l'on peut utiliser et déposer n'importe où. En apparence tout va bien dans le meilleur des monde où tout doit être souple voire liquide. Et ce type de service pourrait bien être plébiscité dans un premier temps. Le vélo est accessible via une application mobile pour 50 centimes par heure et avec une caution de 50 euros. Pour l'instant, la flotte de ces vélos reconnaissables à leur livrée vert pomme ne compte que quelques centaines d'unités contre 20 000 Vélib. Mais cela ne saurait durer. En effet, un des problèmes posés par ce système ou des entreprises jouissent souvent sans compensation de l'espace public provient du fait que ce modèle repose sur une facilité à trouver un vélo à peu près n'importe où. Cela implique l'installation de flotte très importante (plusieurs dizaines de milliers pour les villes chinoises). Ainsi, à Munich c'est une flotte de 7 000 vélos oBike qui est anticipée. A Rotterdam, 3000 vélos ont été dispersés, mais ils tendent à se concentrer rapidement dans les mêmes quartiers obstruant certains trottoirs*. Amsterdam qui fait des efforts pour gérer le nombre de vélos abandonnés dans ses rues et qui jouit d'un espace public restreint a posé un ultimatum prenant fin le 20 octobre intimant aux sociétés de VLS d'enlever leurs flottes de l'espace public. Passée cette date elle le ferait elle-même ! Ce mode de transport pose donc assez clairement la question de l'accaparement de l'espace public.

Les mois qui viennent vont être forts intéressants car la concurrence va devenir assez folle sachant que Vélib passe dans les mains du consortium franco-espagnol Smovengo et son emprise va s'agrandir début 2018 à toute la métropole. Enfin, le géant chinois (et donc mondial) du VLS sans bornes Ofo, présent dans plus de 180 villes, aurait des visées parisiennes. Une nouvelle bataille de la jolie guerre économique s'annonce. Les rues de Paris vont-elles disparaître sous un amas de vélos ?



* La photo d'illustration que j'ai récupéré via le blog Isabelle et le vélo montre un comité de quartier en plein action d'évacuation de VLS sans station à Rotterdam.

1 commentaire:

Arnaud lemoulant a dit…

Pas de risque à Paris, les 2RM squattent déjà tout l'espace.